Sur quoi je porte mon regard !

En cette fin décembre, je regarde vers 2022 et me demande : « De quoi sera fait cette année ? » Est-ce que je vais subir les évènements de l’actualité au risque de vivre le nez dans le guidon ? Est-ce que je vais essayer de mettre en place mes projets ? Est-ce que je vais m’inscrire dans une vision plus large qui m’aide à prendre du recul et garder un cap ? Sur quoi porte mon regard ?

Quelle est ma vision ?

Lorsque je vais chez mon ophtalmologue, il vérifie ma vue. En fait, il me demande : « Que vois-tu ?» en mettant devant mes yeux toutes sortes de lettres de tailles différentes et je lui décris ce que je vois. Selon que je suis capable de percevoir les petits caractères en bas des contrats de mon assureur, l’écran de l’ordi pour mon travail à la Ligue et aussi à l’horizon, ce voilier blanc sur le lac Léman.

Et toi, que vois-tu devant toi ?

Certains d’entre nous semblent surtout voir l’actualité ou ce qui est proche d’eux, comme les horlogers qui utilisent même une loupe ou les mécaniciens de précisions, les laborantins avec leur microscope, les comptables ou les soignants, les policiers et les vendeurs qui vivent heureusement l’instant présent. Pour eux, le détail compte ainsi que la réponse à donner sur le moment.

D’autres posent volontiers le regard un peu plus loin dans le temps et l’espace. Ils observent leur entourage et l’analysent afin de « pré-voir ». Ils se fixent des buts, planifient des tâches, élaborent des projets avec des objectifs à court et moyen termes : architectes, politiciens, responsables d’entreprise, pasteurs, metteur en scène et pleins d’autres activités. Les circonstances les font évoluer, un peu plus à gauche, un peu plus à droite, ils s’adaptent à leur environnement pour offrir une réponse pertinente.

Un troisième regard

Ils me paraissent être plus rares, ceux qui développent un regard visionnaire, c’est-à-dire qu’ils arrivent à pressentir intuitivement ou spirituellement des choses plus lointaines. Comme comprendre des enjeux économiques, percevoir des orientations politiques ou une évolution de la spiritualité.

La montée du nationalisme avant la Seconde Guerre mondiale ainsi que les classifications raciales annonçant les catastrophes liées à cet immense conflit, est-ce que l’Église l’a vu venir ? Les responsables politiques l’avaient-ils pressenti ? A-t-on su écouter ceux et celles qui auraient pu avertir, mettre en garde et infléchir le cours des choses par leurs conseils éclairés ?

Ces « voyants », aux yeux et au sens ouverts, comprennent que les choix du jour et les projets à court terme donnent des indices sur le mouvement de la société, de l’humanité même. Ils savent que les modes actuelles et les dadas du moment s’inscrivent dans un élan bien plus profond. Ils sont les lanceurs d’alerte, les prophètes actuels. Les connaissons-nous ? Les écoutons-nous ? Bénéficions-nous de leur regard ? En faisons-nous partie ?

Comment conduire sa vie ?

Lorsque nous apprenons à conduire une voiture, une moto ou à skier, une des règles de bases est de regarder au loin, le point où l’on veut aller, tout en ayant conscience de l’état de la route ou de la piste juste devant soi. Si notre vision s’arrête aux quelques mètres devant nous, il y a de fortes chances que nous manquions le virage et finissions dans le fossé. Et ça fait mal. Donc nous pouvons peut dire qu’à différents dosages, les deux visions sont nécessaires. Mais pour partir en voyage, cela ne suffit pas. Il nous faut avoir une idée de la direction à prendre afin de pouvoir choisir notre route. Pour passer ses vacances sur une plage de l’océan Atlantique, autant avoir déterminé un cap et savoir utiliser sa boussole pour y arriver. Je sais qu’à l’heure du GPS, le sens de l’orientation est moins nécessaire, quoi que, il faudrait le vérifier. Il faut donc un sens à notre vision, sans cela nous tournons en rond ou nous nous perdons.

Pourquoi aborder ce thème ?

Parce qu’il me paraît important pour notre vie, afin d’inscrire nos projets dans une vision plus large et leur donner du sens. Jésus disait par exemple de ne pas trop se soucier de la nourriture ou du vêtement, car Dieu qui est dans le ciel connaît tous nos besoins et ceux des petits oiseaux. D’amasser des richesses, non sur la terre, mais pour la vie éternelle. Cette mise en perspective que l’on retrouve dans les béatitudes change complètement notre regard sur notre vie quotidienne qui s’inscrit alors dans une vision bien plus grande.

Ce thème me semble aussi nécessaire à nos entreprises, nos associations et nos Églises qui doivent être conscientes que leurs actions influencent la marche du monde à plus long terme. Qu’elles soient alternatives ou dans la pensée du monde présent, elles ne sont jamais innocentes. J’ai là une petite pensée pour ces paroles de Jésus qui dénoncent ce que les croyants ont fait aux prophètes visionnaires envoyés par le Père. Alors si par chance, ou par grâce, nous avons parmi nous quelques visionnaires, prophètes ou « voyants » qui peuvent nous aider à « voir plus loin », cela vaudrait la peine de les écouter

 

 

Pascal Grosjean

 


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