Entre projet personnel et projet collectif, mon cœur balance

Lorsque j’étais animateur jeunesse, il y a fort longtemps, un des outils que nous utilisions pour travailler avec les responsables de groupes de jeunes permettait d’évaluer s’ils étaient plutôt orientés vers leur projet personnel ou vers un projet du groupe.

Le défi qui se posait à la plupart d’entre eux était de trouver leur place dans un groupe de responsables tout en travaillant à leur propre développement et à l’affirmation de leurs dons et leur personnalité. Il y avait des questions qui interpellaient et parfois même créaient des petites crises dans l’équipe. « Est-ce important que je fasse les choses ou est-ce important que la tâche se réalise ? Est-ce nécessaire que les choses se fassent à ma façon ou est-ce que j’accepte que l’autre soit différent et qu’il assume une responsabilité à sa manière ? Et enfin est-ce que nous pouvons nous faire confiance mutuellement malgré nos différences ?

Le texte de Romains 12 offre une image intéressante. D’une part par l’injonction à devenir soi-même selon le regard de Dieu, donc à se percevoir et se considérer comme utile voire nécessaire dans certains domaines de vie du groupe, d’autre part à ne pas se surévaluer ou s’illusionner sur soi-même.

Une fois les différents profils des responsables définis et reconnus (ce qui n’était pas simple), il fallait encore trouver la formule qui permettait d’être « tous ensemble » pour ne former qu’un, en développant l’idée de la complémentarité, de la communication respectueuse et de l’entraide, donc du service mutuel.

Le défi de l’unité, c’est-à-dire être capable de réunir de manière dynamique et bénéfique des éléments si différents, m’a toujours semblé difficile à mettre en œuvre. On arrive à reconnaître les spécialités et les points forts de chacun « dans son coin », mais discerner et accepter des dons de coordination et s’y soumettre est plus compliqué. Il faut des qualités de bonté, d’esprit de service sans velléité de domination, de clairvoyance dans la complexité …. Et de la confiance.

Les personnes ayant des profils axés sur la performance et la productivité avaient l’impression que trop d’énergie était déployée pour le maintien du groupe. A cela nous pouvions répondre que l’unité du groupe et l’amour qui faisaient le lien et le liant étaient déjà en eux-mêmes un témoignage productif pour la mission qui est de vivre et partager l’évangile. L’unité se travaille, elle n’est pas naturelle.

Aujourd’hui, je voue une vraie admiration aux efforts et au sérieux consentis par ces jeunes responsables pour apprendre et progresser à la suite de Jésus et de ses paroles d’encouragement. Et je me demande si les adultes dans les Églises, les groupes et les œuvres chrétiennes ont encore cette même volonté ou si nous avons répondu de manière définitive à la question : entre ambition personnelle et bien du groupe, de quel côté mon cœur balance ? 

 

  Pascal Grosjean


 

Romains 12.3-5

3 Dieu m’a donné gratuitement ses bienfaits. Je peux donc dire à chacun de vous : ne vous croyez pas plus importants que vous n’êtes, mais que chacun se juge comme il est, selon la mesure de foi que Dieu lui a donnée en partage. 4 En effet, dans notre corps, il y a plusieurs parties, et elles ne font pas toutes la même chose.

5 De même, nous qui sommes plusieurs, nous formons tous ensemble un seul corps en étant unis au Christ. Et nous sommes tous unis les uns aux autres, chacun à sa place, comme les parties d’un même corps.


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