Même si l’on entend parler de manière répétitive que notre société est dans une dynamique individualiste, il est impossible de nier que chaque homme, chaque enfant, chaque femme, chaque jeune fait partie de groupes, de communautés.
Quelques points de base
Ma première remarque en écrivant ces quelques mots, c’est qu’il est très important que ces termes soient utilisés au pluriel, en effet si une personne ne fait partie que d’une seule communauté, on peut craindre que le fonctionnement de cette communauté soit sectaire, exclusive, ce qui n’est ni sain ni souhaitable.
Ma deuxième remarque, c’est de dire que certaines communautés auxquelles nous appartenons sont choisies par nous-mêmes et d’autres sont subies et nous sont imposées. Elles sont évidentes, on ne choisit pas son lieu de naissance, sa nationalité, sa couleur de peau, la culture et la langue du lieu où l’on grandit. On ne choisit pas sa famille ni sa physionomie, on ne choisit pas son caractère de base ni son sexe… même si certaines limites ou certaines définitions sont fortement remises en cause aujourd’hui.
Un bout d’identité
Pour permettre aux responsables de groupes de jeunes auxquels je donnais des formations de bien percevoir cette réalité, en début de session, je leur demandais de se présenter en énumérant chacun cinq groupes, cinq communautés auxquels ils appartenaient. (Vous pouvez faire l'exercice, seul ou à plusieurs) Avec pour consigne qu’ils devaient les noter chacun pour soi, puis une fois que c’était fait, ils ne devaient plus en changer avant de s’exprimer. C’était le seul moyen d’échapper à l’influence du groupe et de connaître leur identité originale, parce que nos appartenances définissent une partie de qui nous sommes.
Je dirais ensuite qu’il y a une hiérarchie entre nos appartenances. Nous tenons à certaines et nous les mettons en avant avec fierté alors que d’autres nous semblent secondaires ou parfois nous aimerions les cacher. Il faut avouer que stratégiquement nous choisissons quelles appartenances mettre en avant selon le milieu dans lequel nous sommes.
Le modèle biblique
La communauté présentée dans le Nouveau Testament, notamment au ch. 12 de la lettre aux Romains ou en Éphésiens 4 a pour caractéristique de valoriser la diversité, la complémentarité et l’unité en mettant la relation d’entraide, de respect et d’amour comme lien, comme articulation. Lorsqu’une communauté oublie ces éléments fondamentaux, elle devient toxique et dangereuse.
Une communauté Ligue !
Parce que l’histoire de la Ligue est marquée par cette dimension communautaire, plusieurs termes ont été utilisés. On a beaucoup dit en Suisse et à l’international que la Ligue est une famille. Il paraît peut-être un peu simple de le dire, mais notre nom « Ligue » a cette signification. Une ligue est un groupe de personnes qui se mettent ensemble par toutes sortes de moyens afin d’accomplir une mission commune selon une même vision qui les rassemble.
La communauté des ligueuses et des ligueurs, à l’époque où les membres en étaient fiers, arborait avec joie une petite broche de la lampe à huile symbolisant le verset biblique bien connu et servant de slogan : Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. Ps. 119:105
La famille, l’entourage
Les temps changent, comme le chante MC Solar, mais les rappeurs ont remis au goût du jour ces termes qui reprennent toutes leurs forces pour parler de leurs groupes. Pour nous, il n’y a pas de nostalgie, mais la vision et la mission de la Ligue demeurent. Aujourd’hui, la ligue de la Ligue se comprend toujours comme une famille, une communauté, un groupe (mais pas une église locale) et nous espérons que cette dimension à la fois humaine et divine, à cause du lien de foi et d’amour qui nous unit, reste une fierté et un privilège.
Alors vous êtes une ligueuse, un ligueur ?
N’ayez crainte, cela ne vous contraint à rien. Vous n’êtes ni enfermé ni prisonnier de la Ligue, bien au contraire. Nous sommes heureux que chacun d’entre nous se reconnaisse partie prenante et participant dans plusieurs communautés. Notre première appartenance, c’est que nous sommes croyants, chrétiens et enfants de Dieu, car Il fait de nous tous sa famille.
Un engagement qui varie
L’engagement de chacun évolue en fonction de ses moyens en temps, en compétence, en finance, en courage et c’est bien, cela manifeste une vraie liberté. L’engagement varie aussi au cours de la vie, car celle-ci n’est pas un long fleuve tranquille ni un couloir qui nous contraint. Il est bénéfique de changer, de partir, de revenir librement dans une communauté.
Donc, nous réjouissons de cela et nous nous réjouissons de nous revoir.
Pascal Grosjean, membre de la direction
