Le nom, une carte de visite

Comment vous appelez-vous ? Et que signifie votre prénom ? Notre culture a oublié l’usage de l’étymologie et la plupart de nos prénoms n’ont pas été choisis pour leur sens, mais pour leur popularité ou leur sonorité.

Rares sont ceux parmi nous qui pourraient témoigner d’un épisode où Dieu aurait changé leur nom pour lui donner plus de sens. Cela reste cependant une promesse pour chacun d’entre nous : « Aux vainqueurs, je donnerai un caillou blanc, et, sur ce caillou, un nom nouveau sera écrit. Personne ne connaît ce nom, sauf celui qui le reçoit. » (Apocalypse 2.17).

Dans la Bible, chaque nom est semblable à une carte de visite, il décline l’identité de celui qui le porte. Chaque nom donne un aperçu positif ou négatif des individus. Ainsi, Ève est la « porteuse de vie », Abraham le « père d’une multitude », mais Jacob « celui qui trompe ». Jamais dans l’histoire biblique, le prénom donné diverge du vécu du personnage, comme si toute son histoire était résumée à l’instant où il se présente.

Il en est de même avec Dieu. De temps à autre, Dieu fait la grâce de se révéler à un homme ou une femme. La plupart du temps, la révélation est suffisamment majestueuse pour qu’elle suffise à l’individu et lui permette d’approfondir sa connaissance de qui est Dieu. Mais parfois aussi, Dieu se prête au jeu des prénoms. Alors, on découvre un Dieu qui est « YHWH », « Emmanuel » ou encore « Jésus ». C’est-à-dire un Dieu qui est « Celui qui est », « Dieu avec nous », « Dieu sauveur ». Quelle plus belle carte de visite que celle égrenée par Dieu au fil des lignes bibliques ?

Aujourd’hui, l’influence de notre prénom nous laisse peut-être indifférents, mais probablement pas celle de l’appel de Dieu sur notre vie. Lorsqu’on appelle quelqu’un par son prénom, on l’appelle de façon personnelle, intime et individuelle. Parfois, c’est pour attirer son attention dans une grande foule. Parfois, c’est pour mieux partager des émotions. Parfois, c’est pour donner un ton solennel à notre message. C’est, je crois, ce que Dieu fait aussi lorsqu’il s’adresse à nous personnellement, au milieu de milliards d’autres terriens. Certes, on n’entend pas résonner notre prénom dans le silence, mais on ne doute pas pour autant que son message nous est adressé personnellement et revêt de l’importance. Ce sont ces moments où Dieu s’invite à faire les présentations qui forment des jalons dans notre chemin de foi et nous permettent d’avancer dans notre connaissance de qui il est, un Dieu infini qui se révèle en quelques mots.

Que cet extrait d’une méditation de Francine Carrillo puisse nous accompagner dans notre silence à le recherche de qui est Dieu : « YHWH. Un Nom qui n’a l’air de rien, dont on pourrait penser qu’il ne dit mot. […] Ce retrait est à déchiffrer non comme une soustraction mais comme une question, comme un manque qui fait grandir plutôt que souffrir. Si tu choisis le silence et fuis les évidences, serait-ce pour creuser notre persévérance à écouter ? »[1]

 
Nathalie Perrot


[1] L’Imprononçable, Francine Carrillo, Labor et Fides, Genève, 2014, p. 15-17.

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