Quand une biche soupire après des courants d’eau !

Mon fils apprend à conduire. J'ai une nouvelle voiture depuis cinq jours. L'autre soir, nous partons faire un tour d'apprentissage de conduite avec la nouvelle voiture. Alors que tout se passe bien, un choc monstrueux retentit. Une biche a sauté, littéralement, devant la voiture. Nous l'avons percutée.

Mon fils n'a pas commis de faute. Impossible d'éviter la bête. Ce qui est étonnant dans ces instants, c'est ce qui se passe dans la tête. Il y a une sorte de hiérarchie des priorités qui se fait.  Qu'est-ce qui me touche le plus en cet instant précis de ma vie ? La voiture qui a moins belle allure ? La biche qui ne bouge plus ? Le fait que nous n'ayons rien ? Certainement que les trois éléments s'entrechoquent. Mais, j'ai été frappé de constater ce qui se passait en moi quand j'ai vu cette biche couchée sur la route. Ce n'était pas anecdotique.

Un être vivant n'était plus. Oui, je suis conscient que ce n'est pas un être humain. Mais quand même. Elle n'est plus. A part ce souffle de Dieu qu'Adam et Eve ont reçu, elle est faite de la même pâte que moi. Je ne peux pas faire comme si ce n'était pas le cas. Trop sensible ? Trop émotif ? Trop écolo ? Je ne sais pas. Mais elle, elle ne soupirera plus après des courants d’eau et moi j’ai besoin d’une nouvelle voiture !  

 
Michel Siegrist

>>> LES AUTRES POSTS DU BLOG DU DIRLO

Galerie

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des offres et services adaptés à vos centres d'intérêt.