La foi chrétienne, un idéal de vie

Une des formules surexploitées par les enseignants lors de mes études à l’école biblique était de dire : nous sommes dans le « déjà, pas encore ».

Cela voulait dire que nous sommes aimés, adoptés par Dieu, qu’il vit en nous et nous en lui, mais que nous ne sommes pas encore au paradis, c’est-à-dire le Royaume de Dieu, la félicité, la pureté. Ou alors que nous ne sommes plus pécheurs puisque nous sommes pardonnés, mais nous péchons encore et nous sommes déjà au bénéfice du pardon. Vous me suivez ?

Au quotidien qu’est-ce que cela signifie ?

Nous sommes appelés par un Dieu parfait à aimer parfaitement à l’exemple de Jésus, respecter, bénir, soutenir, encourager et même offrir nos biens et notre vie pour que cet idéal d’amour et d’équité puisse se réaliser pour tous les humains... les petits, les pauvres, les faibles en premier lieu. Cette attitude des chrétiens, des imitateurs du Christ, devrait avoir un impact autant sur les relations interpersonnelles que sur la gouvernance des entreprises et des politiques, notamment au moyen de nos habitudes de consommation et lors d’élections. Cette vision idéale peut nous gêner et nous mettre en porte à faux, notamment lorsque cela touche à notre confort, nos désirs et nos ambitions personnelles. Nous avons dès lors deux ou trois stratégies que nous utilisons.

La première est de relativiser les paroles idéalistes de Jésus ou des apôtres, c’est le « pas encore » qui est mis en avant et sert de justificatif, je vise d’en mettre en pratique le 10%, et cela me semble déjà pas mal.

La seconde est de reconnaître que ces objectifs sont bons et louables, mais malheureusement, malgré l’aide de Dieu, je n’en suis pas capable, mais j’aimerais bien. En fait je pêche consciemment, et même volontairement, tout en demandant pardon plus ou moins régulièrement, afin de diminuer la charge de culpabilité qui me pèse.

Une troisième, c’est de sélectionner quelques paroles du Christ qui me semblent converger avec mes intérêts personnels (mon appel) et de m’y engager à fond en laissant de côté, ou à d’autres, celles qui me dérange.

Et puis il y a ce chemin étroit et inconfortable, qui tient à accueillir les paroles de Jésus, sans les esquiver, sans les relativiser, en acceptant qu’elles me confrontent et me laissent petit et dépendant de l’action de Dieu en moi afin d’être façonné à son image... et de devenir son témoin. C’est mettre l’accent sur le « déjà », sur l’aujourd’hui.

Si vous êtes arrivés jusque-là, vous pouvez prendre un temps de prière et de réflexion pour vous situer personnellement.

Pascal Grosjean

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